INSTINCT LOCAL

Le Chat

Mœurs horrifiques des chats. - Complaisance des vieilles dames. - Chats de gouttière et chats de pharmacien. - Chats de sorcière, de Léautaud, de Baudelaire. - Chats lavés à l’alcool sur le boulevard Saint-Germain. - Chats de Colbert . - Chats dangereux pour l’homme. -Grandeur consécutive d’Allah.

Les chats sont de sales bestioles qui lacèrent les fauteuils et font pipi au milieu des salons, après quoi ils vont s’établir sur les genoux d’une dame respectable, une présidente de confrérie, une grand-mère de parents d’élèves, une lauréate de jeux floraux infiniment maigre et savante. Tel est l’avis de plusieurs personnes autorisées. Ce sont des choses qu’on ne permettrait même pas à un vieux général en retraite tout couvert de décorations, ou au premier vicaire d’une paroisse distinguée. A un igame, à un banquier utile, à un diplomate en fonction. Et que font les dames ? Elles disent : " Minou, minou, minou. " On voit par là combien le mal est profond.
Les chats montent ensuite sur les toits où ils font le sabbat toute la nuit avec des cris affreux d’enfants qu’on assassine. Quand le pharmacien les attrape, il les pèle et garde la peau. Il donne le reste à un restaurateur. Il tend la peau sur une planchette en bois ; il la fixe avec quatre épingles, il la tanne et en fait des plastrons contre le froid. Il les expose dans sa vitrine. On se les attache autour du cou par le moyen des pattes de devant. Si elles sont un peu courtes, on y ajoute du ruban ; Ou de l’élastique marron qu’on trouve chez la mercière. C’est tout le secret des grandes coquettes qui redoutent le rhume de cerveau. On peut donc, à certains égards, voir dans le chat un oiseau utile.
Dieu l’a fait, dans sa grande bonté, pour que l’homme puisse caresser le tigre : le chat est un tigre d’appartement. Il est élastique et feutré, soyeux, griffu, plein d’électricité statique. Il se compose assure un écolier, de deux pattes de devant, de deux pattes de derrière et de deux pattes de chaque côté. Derrière lui, ajoute cet enfant, il a une queue qui devient de plus en plus petite, et puis au bout il n’y a plus rien. On ne saurait pas mieux peindre le chat. A condition d’ajouter la moustache. Elle est sensible aux infra-sons, à l’infrarouge et à l’ultraviolet. C’est avec elle qu’il détecte le monde, la température de la soupe, la présence des esprits, l’approche de Lucifer. Les sorcières l’amènent au sabbat. Le 1er mai, jusqu’à Louis XIII, on en brûlait de pleines cages d’osier sur un grand feu. Aujourd’hui on se sert de ses tripes : les spécialistes en font des cordes de violon et du fil pour les chirurgiens. Mais ensuite le chat ne peut plus vivre. On l’enterre au fond du jardin. Ou alors dans l’île de la Jatte, avec les chevaux et les chiens policiers. C’est là qu’on trouve les chats de Colette. De vieilles dames fréquentent leurs tombeaux. Ils sont ornés de distiques et d’inscriptions latines.
Baudelaire voyait dans le chat le compagnon naturel" des amoureux fervents et des savants austères ". Surtout la nuit. Il vient s’asseoir sur leur bureau. Les amoureux fervents font des lettres d’amour et les savants austères observent des têtards. De temps en temps, ils passent la main sur le dos du chat. Il en sort des étincelles bleues. Léautaud a eu trois cents chats. A Saint-Germain-des-Prés, une vieille dame en promène une bonne vingtaine dans une voiture d’enfant, et un en laisse, avec une corde qui l’étrangle. Elle s’assied sur un banc et les passe à l’alcool.
Les chats perdus se réunissent à Montmartre. Une demoiselle âgée leur apporte à goûter. Devant le Sacré-Cœur. Ils mangent, ils regardent Paris avec sa brume et ses cheminée ; puis ils s’en vont, et reviennent pour le dîner. On voit par là qu’ils aiment les grands panoramas. Mais ils n’adorent pas moins les caves. Sur les bateaux, ils voyages dans les soutes. Dans la marine à voile, on ne pouvait pas partir tant que le chat n’était pas à bord. C’était interdit par Colbert. Ils " dératisaient " les navires.
Les chats sont très dangereux pour l’homme. Thérèse Marney, de la Comédie-Française, Thérèse Marney avait perdu son chat. On l’aperçut au sommet d’un arbre. Il n’osait plus redescendre. Il était affolé. Je grimpai jusqu’aux plus hautes branches. Malheureusement, elles devenaient de plus en plus minces, et " au bout il n’y avait plus rien ", et pendant ce temps le propriétaire du végétal, oublieux du contexte humain, sciait l’arbre au ras du sol, en désespoir de cause, afin que le chat pût atterrir sans se déranger. On croit généralement qu’un arbre s’affaisse du côté où il penche ; c’est une erreur : il tombe du côté où l’on se trouve.
Et c’est ainsi qu’Allah est grand.

EL GATO

Hábitos horríficos de los gatos. -Complacencia de las ancianas. - Gatos callejeros y gatos de farmacéutico. - Gatos de bruja, de Léautaud, de Baudelaire. - Gatos lavados con alcohol en el bulevar de Saint-Germain. - Gatos de Colbert. - Gatos peligrosos para el hombre. - Grandeza consecutiva de Alá.

Los gatos son unos bichos malos que desgarran los sillones y hacen pis en medio del salón, después de lo cual van a instalarse encima de las rodillas de una señora respetable, una presidenta de cofradía, una abuela de padres de alumnos, una laureada en juegos florales infinitamente delgada y sabia. Este es el parecer de varias personas autorizadas. Ni siquiera se le permitirían esas cosas a un viejo general retirado, todo cubierto de condecoraciones, o al vicario superior de una parroquia distinguida. A un igame, a un banquero útil, a un diplomático en funciones. ¿Y qué hacen las señoras ? Dicen : " menino, menino, menino. " Con eso es de notar cuán profundo es el mal.
Luego, los gatos se suben a los tejados donde arman una escandalera toda la noche con unos gritos horribles de niños a los que están asesinando. Cuando el farmacéutico los coge, los despelleja y guarda la piel. El resto se lo da al dueño de un restaurante. Luego atiranta la piel en una tablilla de madera ; la fija con cuatro alfileres, la zurra y hace con ellos petos contra el frío. Los expone en su escaparate. Se atan alrededor del cuello por el medio de las patas delanteras. Si son un poco cortas, se añade una cinta. O un élastico marrón que se encuentra en una mercería. Esto es todo el secreto de las grandes presumidas que temen acatarrarse. Podemos pues en ciertos aspectos, ver en el gato un pájaro útil.
Dios lo hizo, en su gran bondad, para que el hombre pudiera acariciar el tigre : el gato es un tigre doméstico. Es elástico y aterciopelado, sedoso, con garras, lleno de electricidad estática. Está formado por dos patas delanteras, dos patas traseras, y por dos patas de cada lado, asegura un alumno. Detrás de él, añade este niño, hay una cola que se hace cada vez más pequeña, y luego en la punta ya no hay nada. No podríamos pintar mejor el gato. Con tal que se añada el bigote. Todo el gato se halla en el bigote. Este es sensible a los infrasonidos, al infrarrojo y al ultravioleta. Con éste detecta el mundo, la temperatura de la sopa, la presencia de los espíritus, la llegada deLúcifer. Las brujas se lo llevan al aquelarre. El 1ero de mayo, hasta Luís XIII, de éstos se quemaban cajas enteras de mimbre en una hoguera. Hoy en día, se utilizan sus tripas : los especialistas hacen con ellas cuerdas de violín e hilo para los cirujanos. Pero después, el gato ya no puede vivir. Lo entierran en el fondo del jardín. O sino en la isla de la Jatte, con los caballos y perros policías. Es allí donde se encuentran los gatos de Colette. Unas ancianas frecuentan sus tumbas. Están adornadas de dísticos e inscripciones en latín. Baudelaire veía en el gato el compañero natural " de los enamorados fervorosos y de los sabios austeros ". Sobre todo de noche. Se sienta en de su despacho. Los enamorados fervorosos escriben cartas de amor y los sabios austeros observan renacuajos. De vez en cuando, pasan la mano por el lomo del gato. Entonces, saltan chispas azules. Léautaud tuvo trescientos gatos. En Saint-Germain-des-Prés, una anciana se pasea con una buena veintena de gatos en un cochecito de niño, y uno atado con una correa que lo estrangula. Se sienta en un banco y los pasa por alcohol.
Los gatos perdidos se reunen en Montmartre. Una señorita de edad les trae la merienda. Frente al Sagrado-Corazón. Comen, miran a París con su bruma y sus chimeneas ; luego se marchan y vuelven para la cena. Con eso es de notar que les gustan los grandes panoramas. Pero adoran de la misma manera los sótanos. En los barcos viajan con las maletas. En la marina de vela, no podían marcharse mientras que el gato no estaba a bordo. Lo prohibía Colbert. " Desratizaban " los navíos.
Los gatos son muy peligrosos para el hombre. Thérèse Marney, de la Comedia Francesa, Thérèse Marney había perdido su gato. Uno lo divisó en la copa de un árbol. No se atrevía a bajar. Estaba perturbado. Yo trepé hasta las ramas más altas. Por desgracia, se afinaban cada vez más, y " en la punta ya no había nada ", y mientras tanto el propietario del vegetal, olvidadizo del contexto humano, serraba el árbol a ras de suelo como último recurso, con el fin de que el gato pudiese aterrizar sin molestarse. Por lo general creemos que un árbol se desploma por el lado hacia el que se inclina ; es un error. Se cae del lado donde uno se encuentra.
Así es como Alá es grande.

Conseils du mois

Grosses têtes et grands chapeaux. - Douaniers yougoslaves. - Photographies superbes des mêmes. - Mœurs des Romains. - Mœurs des françaises. - Progrès de la Science et de l’Industrie. - Crèmes coiffantes, nus améliorés. - Engraissement du porc normand. - Oreilles excessives du même. -Alligators et saucisse de chien blanc. - Le beaujolais lui convient mieux. - Travaux du mois. Effacez vos épaules. - Chantez en chœur. - Choisissez le melon lourd. Faites analyser vos urines. - Mœurs des grillons. - Fontaines taries. - Jasione, poules d’eau, peupliers qui scintillent. - Grandeur consécutives d’Allah.

Chacun sait combien une grosse tête procure de considération. J’aimerais bien (comme tout le monde) avoir une très grosse tête, et qu’on me regarde dans la rue avec envie. C’est un bonheur qui a failli m’arriver. En me trompant de chapeau au vestiaire. A la piscine, naturellement. J’ai pris celui d’un homme remarquable. Il est plus grand que le mien et il me va mieux quand même. C’est une chose extrêmement flatteuse. Hélas ! il a bien fallu le rendre. (Mais je ferai mieux la prochaine fois.) Le propriétaire est homme pompeux et débonnaire qu’on remarque tout de suite dans la foule, même parmi les nus les plus beaux. On ne peut pas s’empêcher de l’appeler " Monsieur le Président ". Présidentiel, il est présidentiel. Puissant, féroce et débonnaire. Je dis féroce parce qu’il rit comme un ogre ; avec une grande jovialité, dont la cause serait inquiétante ; comme s’il riait de manger une cuisse de petit enfant. Il a une tête de facteur bavarois qui ressemble à François-Joseph. Mais sans la barbe et les moustaches. Il a dû les couper, et ça lui va moins bien. Quoi qu’il en soit, c’est un homme charmant qui a un fort accent de la Lozère. C’est parce qu’il a appris le français dans la Haute-Loire. Il roule les r comme des tombereaux de pavés. Disons comme en serbo-croate. Car autrefois il était yougoslave. Il était même douanier yougoslave. Il m’a fait voir sa photographie. En uniforme d’apparat. L’air intrépide. Tenant une carabine fumante. Le pied gauche posé martialement sur le cadavre d’un contrebandier.

Je resonge souvent à cet homme dont le tour de la tête est plus exact que le mien. Tels sont les plaisirs du mois d’août, l’un des mois les plus nécessaires à la géoponie française (géoponie est dans le dictionnaire, vous n’avez qu’à le chercher vous-même) parce que sa chaleur étouffante procure au moissonneur les grosses transpirationsqui lui sont tellement nécessaires pour éliminer rapidement les immenses quantités de boisson que la température l’oblige à absorber dans cette période de gros travaux. Les Romains le célébraient en faisant mille folies, fêtaient Bacchus et tuaient des chiens pour les punir de n’avoir pas aboyé quand les Gaulois avaient assiégé le Capitole. Ils allaient jusqu’à couronner une tête de cheval noir de petits pains. Aujourd’hui on mange les petits pains, on se réfugie dans sa baignoire, on visite les expositions. L’homme s’agite, la femme se démène. Elle brille sur les plages à la mode d’un éclat emprunté au masque à la tomate et à la brosse conique qui rend le bouffant des cheveux. Le cheveu lui-même est nourri de " crèmes coiffantes " ; on ne voit plus que " nus améliorés " ; bref la vieillesse est devenu un mythe, je dirai même l’un des pires témoignages d’une mauvaise éducation.

On voit par là combien le mois d’août est rempli des progrès de la science et de l’industrie. Mais le vrai souci, durant cette période difficile, c’est l’engraissement du porc normand. Ses oreilles lui cachent sa pâtée. Elles sont trop grandes, comme le nez de Cléopâtre. (L’oreille du porc normand et le nez de Cléopâtre sont d’une conséquence infinie.) Où est le plaisir de manger quand on ne voit pas ce qu’on mange ? Le porc normand gémit et pleure, se prend dans ses propres oreilles comme dans des spaghetti ou des lacets de souliers, se nourrit mal et engraisse lentement. Le porc anglais sera plus avantageux. Mais qu’on n’aille pas jusqu’à acheter des petits cochons indochinois. Noirs, espiègles et diaboliques, leur turbulence les épuise vite. Et c’est pourquoi l’Indochinois élève plutôt l’alligator dont il coupe la queue tous les ans. Ou alors il engraisse des chiens blancs. Les plus comestibles ont le poil rare. (Et la peau rose ; on voit à travers.) Il en va d’ailleurs de même en France. (Je tiens le détail de Louise Falque qui dirigeait un chantier d’épandage où travaillait le " roi du lapin cru ", qui fit pendant l’Occupation un trafic assez important de saucisse de chien blanc à poil rare, qu’on apprécie encore en Suisse, avec du vin du canton de Vaud. Mais le beaujolais exalte mieux contre le palais le goût du chien blanc, qui est un peu sauvage. Malheureusement il voyage mal.)

Ces détails aideront l’homme à se conduire au mois d’août. Du moins je l’espère. Ajoutons-y quelques conseils. L’agriculture restant en août l’une des mamelles principales de France, on s’attachera surtout à moissonner son champ, l’hiver étant peu favorable à ces travaux. Ne rêvez pas d’eau chaude, qui présage accidents. Gommez-vous bien la plante des pieds, c’est ce qu’on verra le plus de vous sur les plages. Soignez-vous à Vichy comme Napoléon III, à Aix-les-Bains comme Mme Récamier, ou à Bourbon comme Mme de Montespan. Faites la sieste. Mangez des prunes. Visitez l’île Saint-Louis. Allez au bois de Vincennes, vous vous y croirez en Savoie. Ne dires pas une mais un alvéole. Apprenez le pluriel des noms à trait d’union. Faites des prunes meringuées : 30 minutes de cuisson, 5 blancs d’œuf et un kilo de prunes, 70 grammes de sucre en poudre et 15 minutes de four moyen pour dorer le tout. Parlez nettement. Chantez en chœur. Effacez les épaules. Si vous prenez du ventre, rejetez la tête en arrière ; l’équilibre sera rétabli. Ne plongez pas la tête la première dans une eau que vous ne connaissais pas. Ne sautez jamais d’un cinquième, surtout sur un sol cimenté. Rentrez l’antenne de la radio de votre auto pendant l’orage. Faites analyser vos urines. Et choisissez le melon très lourd.
Le paysage est immense et torride. Une paix brûlante tombe sur les champs. Ils sentent la fougère et la fausse scabieuse. Des poules d’eau ont plongé, l’étang se couvre de ronds. Le grillon court dans les graviers, les fontaines ont tari, les peupliers scintillent.
Et c’est ainsi qu’Allah est grand.

CONSEJOS DEL MES

Cabezas grandes y sombreros grandes. - Aduaneros yugoslavos. - Magníficas fotografías de éstos. - Costumbres de los Romanos. - Costumbres de las Francesas. - Progreso de la Ciencia y de la Industria. - Cosméticos, desnudos mejorados. - Ceba del cerdo normando. - Orejas excesivas de éste. - Aligatores y salchichas de perro blanco. - El beaujolais le conviene mejor. - Obras del mes. - Echad los hombros hacia atrás. - Cantad a coro. - Elegid el melón pesado. - Haced analizar vuestras orinas. - Costumbres de los grillos. - Fuentes agotadas. - Jasione, pollas de agua, álamos que centellean. - Grandeza consecutiva de Alá.

Todos sabemos cuánta consideración proporciona una cabeza grande. Me gustaría (como a todo el mundo), tener una cabeza muy grande, y que la gente me mire en la calle con envidia. Por poco consigo ser afortunado. Al equivocarme de sombrero en el guardarropa. De la piscina, naturalmente. Cogí el de un hombre notable. Es más grande que el mío y sin embargo me queda mejor. Es una cosa sumamente halagüeña. ¡ Por desgracia ! tuve que devolverlo. (Pero me saldrá mejor la próxima vez). El propietario es un hombre imponente y bondadoso que en seguida llama la atención entre la muchedumbre, incluso entre los más hermosos desnudos. No podemos sino llamarle " Señor Presidente ". Presidencial, él es presidencial. Poderoso, feroz y bondadoso. Digo feroz porque se ríe como un ogro ; con una gran jovialidad, cuya causa sería inquietante ; como si se riese en comer una pierna de chiquillo. Tiene cara de cartero bávaro que se parece a Francisco-José. Pero sin las barbas ni el bigote. Debió de cortársela, y no le queda tan bien. Sea lo que sea, es un hombre encantador que tiene un fuerte acento de Lozère. Es porque aprendió francés en Haute-Loire. Pronuncia fuerte las "r" como carretas de adoquines. Digamos como en serbocroata. Porque antaño era yugoslavo. Incluso era aduanero yugoslavo. Me enseñó su fotografía. En uniforme pomposo. Con aire intrépido. Sujetando una carabina humeanta. Con el pie izquierdo apoyado con firmeza sobre el cadáver de un contrabandista.

Pienso a menudo en aquel hombre cuyo contorno de la cabeza es más exacto que el mío. Éstos son los placeres del mes de agosto, uno de los meses más necesarios a la geoponía francesa ( geoponía está en el diccionario, id a buscarlo vosotros mismos) porque su calor sofocante proporciona al segador las grandes transpiraciones que le son tan necesarias para eliminar rápidamente las inmensas cantidades de bebida que la temperatura le obliga a absorber en este período de grandes obras. Los Romanos lo celebraban haciendo mil locuras, celebraban a Baco y mataban perros para castigarlos por no haber ladrado cuando los Galos habían sitiado el Capitolio. Hasta coronaban una cabeza de caballo negro con panecillos. Hoy en día se comen los panecillos, uno se refugia en su bañera, se visitan las exposiciones. El hombre se mueve, la mujer se esmera. Ella se luce en las playas de moda con un resplandor tomado de la mascarilla de tomate y del cepillo de pelo cónico que da volumen al cabello. El pelo es nutrido con " cosméticos " ; ya sólo se ven a " nudistas mejorados " ; total que la vejez se ha convertido en un mito, hasta diría en uno de los peores testimonios de una mala educación.

Con eso es de notar cuán lleno está el mes de agosto de progresos de la ciencia y de la industria. Pero la verdadera preocupación, durante este período difícil, es el engorde del cerdo normando. Sus orejas le ocultan la comida. Son demasiado grandes, como la nariz de Cleopatra. (La oreja del cerdo normando y la nariz de Cleopatra tienen una consecuencia infinita.) ¿Dónde está el placer de comer cuando uno no ve lo que come ? El cerdo normando se lamenta y llora, se lía en sus propias orejas como con espaguetis o cordones de zapatos, se alimenta mal y engorda lentamente. El cerdo inglés será más ventajoso. Pero no vayan a comprar cerditos indochinos. Negros, traviesos y diabólicos, su turbulencia los extenúa rápidamente. Y por eso el Indochino cría más bien el alígator al cual corta el rabo todos los años. O si no ceba unos perros blancos. Los más comestibles tienen el pelaje ralo. (Y la piel rosa ; se ve a través.) Lo mismo ocurre en Francia. (Este detalle me lo reveló Louise Falque, quien dirigía una obra de esparcimiento donde trabajaba el " rey del conejo crudo ", que durante la Ocupación hizo un tráfico bastante importante de salchichas de perro blanco de pelaje ralo, que se aprecian todavía en Suiza, con vino del cantón de Vaud. Pero el beaujolais exalta mejor el gusto del perro blanco, que es un poco salvaje. Desgraciadamente se transporta mal.)

Estos detalles ayudarán al hombre a portarse bien durante el mes de agosto. Al menos lo espero. Añadamos unos cuantos consejos más. La agricultura, permaneciendo en agosto uno de los principales víveres de Francia, uno se dedicará sobre todo a segar su campo, siendo el invierno poco favorable a estas labores. No soñéis con agua caliente, que presagia accidentes. Raspad bien la planta de los piés, es lo que más se verá de usted en las playas. Cuídaos en Vichy como Napoleón III, en Aix-les-Bains como la Señora de Récamier, o en Borbón como la Señora de Montespan. Haced la siesta. Comed ciruelas. Visitad las isla Saint-Louis. Id al bosque de Vincennes, os creeréis en Saboya. No digáis una sino un alveolo. Aprended el plural de los nombres compuestos. Haced ciruelas merengadas : 30 minutos de coción, 5 claras de huevo y un kilo de ciruelas, 70 gramos de azúcar en polvo y 15 minutos a horno medio para que estén doradas. Hablad claramente. Cantad a coro. Echad los hombros hacia atrás. Si echáis barriga, echad la cabeza hacia atrás ; el equilibrio será restablecido. No os tiréis de cabeza a una agua que no conocéis. No saltéis nunca de un quinto, cuanto más si el suelo es cimentado. Bajad la antena de la radio de vuestro coche cuando hay tormenta. Haced analizar vuestras orinas. Y elejid el melón muy pesado.
El paisaje es inmenso y tórrido. Una calma ardiente cae en los campos. Huelen a helecho y a falsa escabiosa. Unas gallinas de agua se han sumergido, la albufera se llena de círculos. El grillo corre por la grava, las fuentes se han agotado, los álamos centellean.
Así es como Alá es grande.

Petite chronique de février

Gloires et tristesses du mois de janvier. - Trépas du bon roi Dagobert. -Invention de la machine à écrire. - Mauvaise conduite du sinistre Landru. - Il brûle sa dernière femme. - Toute l’opinion l’en blâme. - Cuisine de février. - Meringues. - Cornets de Murat. - L’huître et le loup, animaux du mois. - Cuirasses en fer de la Manufacture. - L’homme devra les porter sous son gilet de flanelle. - L’univers de Mara Rucki. - Rêves grelottants et précision hallucinée. - Grandeur consécutive d’Allah.

Endeuillé par l’anniversaire de la mort du bon roi Dagobert qui ne savait pas mettre sa culotte (c’était le début de la civilisation, l’homme hésitait encoredevant ce vêtement nouveau), le mois de janvier vient de s’écouler, dramatisé par le passage du loup et par les exigences fiscales. Le mois de janvier rappelle à l’homme combien le progrès est chose ancienne. C’est en effet sous le Roi Soleil, le 7 janvier 1714, que naquit la machine à écrire. Elle devait bouleverser la civilisation en créant le type nouveau de la dactylographe qui transforma les mœurs et la littérature, le cinéma, l’orthographe et l’adultère mondain. Ce fut également en janvier que Landru, le sire de Gambais, qui est appelé à rester dans l’Histoire comme le prototype du faux affectueux, brûla sa dernière femme dans un poêle à trois trous avec ce qui lui restait de coke, dans une petite cuisine de banlieue. Tous les honnêtes gens l’en blâmèrent. Le vent soufflait. L’hombre de sa barbe s’agitait sur le mur de la cuisine. On lui coupa la tête et on le mit en chanson.
Cette histoire prouve qu’au mois de janvier l’homme aime rester au coin du feu.
La femme aussi.
Et février y change peu de chose.
La ménagère en profitera pour cuisiner. Elle ajoutera, si elle veut bien m’en croire, une cuillerée de vinaigre dans la pâte à meringue pour le mœlleux de la partie centrale (elle en aura des félicitations), et un peu de sirop de gomme dans les cornets de Murat.

Les animaux du mois seront l’huître et le loup. L’huître sera mangée vivante. Les travaux de Giat, Chantemesse et Bouchon-Brandely ont prouvé qu’elle n’est pas nocive. Lorsqu’elle vous intoxique quand même (car on ne l’en a pas informée), il faut se traiter par des bains de pieds, des vomitifs et des boissons acidulées.
Quant au loup, si j’en crois Patrick Roux, de 7e B, " c’est un gros renard qui a la forme du chien. Il faut bien se méfier de lui, surtout s’il est garou. Parce qu’il en fait de toute espèce. Il y en a qui sont très garous. Il faut avoir un grand couteau comme les Indiens. Ou alors des cuirasses en fer qu’on met sous son gilet de flanelle comme les hommes d’Etat, les ténors et les commissaires de police dans le Catalogue de la Manufacture. "
Sage précaution. " le loup-garou a des grands ongles ; on dirait des griffes de homards. "

Dans le domaine de la peinture, les journaux disent que les moins de quarante ans, fous de nouveauté, abandonneraient les instruments classiques : l’éponge qu’on lance de loin, chargée de bleu ou de rouge, sur la toile qu’on veut illustrer ; la seringue avec laquelle on peut peindre à distance ; la boîte à conserve percée qui arrose la toile de haut, en pluie, comme une laitue, et la lance qui la douche en jet comme un trottoir ; le pistolet, l’arbalète, la fronde chargée d’un œuf. Ils se mettraient maintenant à peindre avec une sorte de manche armé, à une extrémité, de poils, de soies, de crin animal, qu’on appellerait brosse ou pinceau. (On retrouve les secrets de la vieille peinture : il paraît que c’était l’instrument de Raphaël.)
Mara Rucki vient de donner une rétrospective de son œuvre. Dans l’atelier du grand sculpteur Lambert Rucki. (Car c’est son père.) C’est-à-dire au milieu des apôtres de plâtre, des saints en forme de crayon, des Passions en cuivre soudé et de coqs de combat qui réveillent le soleil au sommet d’une flèche de clocher, tout un monde où la verticale chante à la gloire de la mystique avec humour et solennité. Quant à Mars, son univers s’exprime dans ses tableaux sous forme d’une précision hallucinée. La précision est dans la ligne, et l’hallucination dans un drôle d’éclairage, une lumière crue qui nous transporte au cirque, au théâtre, sous des projecteurs. Tout devient, à cause d’elle, marionnette, pitre, clown, ou poulain cabré. Etrange pays : la fillette y est trop maigre, le chat hirsute, et le jeune homme pareil au chat. Chacun d’eux y attend un miracle comme une demoiselle qui ne vient pas. Le rêve y grelotte. Jeanne d’Arc, dans son cachot, n’y figure que par son ombre. Le cheval blanc de l’écuyère y apparaît par une fente du décor, tout petit, lointain, papillon d’un autre monde, entre les jambes noires de Monsieur Loyal.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand.

PEQUEÑA CRÓNICA DE FEBRERO

Glorias y tristezas del mes de enero. - Óbito del buen rey Dagoberto. - Invento de la máquina de escribir. - Mala conducta del siniestro Landru. - Quema a su última mujer. - Toda la opinión pública lo culpa por ello. - Cocina de febrero. - Merengues. - Corneta de Murat - La ostra y el lobo, animales del mes.Corazas de hierro de la Fábrica. - El hombre tendrá que llevarlos bajo su chaleco de franela. - El universo de Mara Rucki. - Sueños que tiritan y precisión alucinada. - Grandeza consecutiva de Alá.

Enlutado por el aniversario de la muerte del buen rey Dagoberto que no sabía ponerse el calzón, (era el comienzo de la civilización y el hombre dudaba ante esta nueva ropa), el mes de enero acaba de terminar,dramatizado por el paso del lobo y por las exigencias fiscales. El mes de enero recuerda al hombre cuan antiguo es el progreso. En efecto, fue durante el reinado del Rey Sol, el 7 de enero de 1714, cuando nació la máquina de escribir. Había de desquiciar la civilización al crear el tipo nuevo de la mecanógrafa que transformó las costumbres y la literatura, el cine, la ortografía y el adulterio mundano. También fue en enero cuando Landru, el Señor de Gambais, que está destinado a permanecer en la historia como el prototipo del falso afectuoso, quemó a su última mujer en una cocina de hierro de tres hornillas con lo que le quedaba de coque, en una cocinita de las afueras. Toda la gente honrada le culpó por ello. El viento soplaba. La sombra de sus barbas se agitaba en la pared de la cocina. Le cortaron la cabeza y le sacaron canciones.
Esta historia demuestra que al hombre le gusta quedarse al amor de la lumbre en el mes de enero.
A la mujer también.
Y poca cosa cambia en febrero.
El ama de casa aprovechará esto para cocinar. Añadirá, si sigue mi consejo, una cucharada de vinagre en la pasta de merengue para que la parte central salga esponjosa (la felicitarán por ello), y un poco de almíbar en las cornetas de Murat.

Los animales del mes serán la ostra y el lobo. La ostra se comerá viva. Las investigaciones de Giat, Chantemesse y Bouchon-Brandely comprobaron que no es nociva. Cuando os intoxica a pesar de todo (porque no la han informado de ello), hay que curarse con baños de pies, vomitivos y bebidas aciduladas.
En cuanto al lobo, según Patrick Roux, de 7° de EGB, " es un zorrón que tiene forma de perro. No hay que fiarse de él, sobre todo si es feroz. Porque los hay de todas clases. Los hay que son muy feroces. Es necesario tener un gran cuchillo al igual que los Indios. O sino corazas de hierro que se ponen bajo el chaleco de franela como los hombres de estado, los tenores y los comisarios de policía en el " Catálogo de la Fábrica." Cauta precaución. " El lobo feroz tiene las uñas largas ; parecen pinzas de bogavantes. "

En el campo de la pintura, los periódicos dicen que los menores de cuarenta años, locos por la novedad, abandonarían los instrumentos clásicos : la esponja que se echa de lejos, cubierta de azul o de rojo, sobre el lienzo que se quiere ilustrar ; la jeringa con la cual se puede pintar a distancia ; la lata de conserva agujereada que rocía el lienzo desde arriba, en lluvia,como una lechuga, y la lanza que lo ducha en chorros como una acera ; la pistola, la ballesta, la honda cargada con un huevo. Se pondrían a pintar ahora con una especie de mango armado, en una extremidad, de pelos, de sedas, de cerda animal, que se llamaría brocha o pincel. (Se recobran los secretos de la viejapintura : parece ser que era el instrumento de Rafaël.)
Mara Rucki acaba de representar su obra de manera retrospectiva. En el estudio del gran escultor Lambert Rucki. (Porque es su padre). Es decir, en medio de los apóstoles pintados, de los santos en forma de lápiz, de las Passiones de cobre soldado y de gallos de peleas que despiertan el sol en la cúspide de una aguja de campanario, todo un mundo en el que la vertical canta en honor de la mística, con humor y solemnidad. En cuanto a Martes, su universo se expresa en sus cuadros en forma de una precisión alucinada. La precisión se halla en la línea, y la alucinación en un curioso alumbrado, una luz relumbrante que nos traslada al circo, al teatro, bajo los proyectores. Todo se convierte, por ella, en títere, bufón, payaso, o potro que se encabrita. Estraño país : allí la chiquilla está muy delgada , el gato hirsuto, y el muchacho igual que el gato. Cada uno de ellos espera allí un milagro, como una señorita que no viene. Allí el sueño tirita. Juana de Arco, en su calabozo, sólo figura por su sombra. El caballo blanco de la caballista aparece allí por una abertura del decorado, pequeñito, lejano, como una mariposa de otro mundo, entre las piernas negras del Señor Loyal.

Así es como Alá es grande.

Les oiseaux

Mœurs de l’uburu. - De L’agami. - Du gypaète. - Peut-être du rhinocéros. - Férocité de la poule. - Du moineau. - Du pigeon. - Les oiseaux de Hitchcock. - Férocité des mouettes. - Histoire surnaturelle ratée. - Portrait bien beau d’une ornithologiste. - Grandeur consécutive d’Allah.

L’oiseau a quelque chose d’étrange. Il fait des choses extraordinaires : l’urubu nettoie les poubelles, l’agami surveille les poulets, le gypaète est barbu, l’albatros pond des œufs, la huppe papale, le héron gargouille, le milan huite et le rhinocéros barète (encore n’est-ce pas un véritable oiseau). Tout cela finit par inquiéter. Il n’y a d’ailleurs qu’à regarder une simple poule, disons une poule noire à l’œil jaune, pour finir par être terrifié. Voyez-la picorer un ver, un serpent, ou une autre poule (une poule malade que toute la confrérie se met froidement à assassiner). Elle pique d’un geste mécanique et saccadé ; on dirait une machine à coudre ; ou alors un monstre tertiaire ; nulle expression ; le marteau-piqueur a plus d’entrailles ; l’éléphant paraît moins ancien, les hybrides de Bosch moins bizarres ; c’est une bête de l’Apocalypse. La poule est un monstre effrayant. La cigogne exécute les faibles et mange parfois ses cigogneaux ; la pie est voleuse de naissance ; le perroquet se saoule au vin rouge ; comme un charretier ; le pigeon, symbole de la paix, qu’on donne pour si fidèle, bat son épouse comme plâtre pour lui faire accepter une affreuse concubine qui a traîné dans tous les ruisseaux : il détraque les horloges en se posant sur l’aiguille et fait caca dans l’engrenage, si bien qu’on ne peut plus savoir l’heure par aucun monument de Paris. Le faisan est dur comme du bois ; il faut le laisser presque pourrir pour arriver à lui manger la cuisse. Le moineau assassine le pinson à seule fin de lui voler son nid ; partout où il s’installe les autres races disparaissent. Les Américains, qui n’en ont que parce qu’ils en on fait venir d’ailleurs par lyrisme zoologique, ne savent comment faire pour les exterminer. Les Chinois, dont l’agriculture éprouve de grandes difficultés, voient les trois grains de riz qui leur restent mangés sur pied par les oiseaux pillards ; ils organisent de grands vacarmes de casseroles en fer et de boîtes à lait pourles empêcher de se poser et les avoir par fatigue. Les oiseaux finissent par tomber. Morts d’épuisement. Ou s’ils leur reste encore un souffle on les écrase. Mais il faut des jours, des semaines, des nuits, des mois : ne jamais dormir ; former des équipes cohérentes ; tenir des listes à jour ; en double ; sur deux colonnes ; en caractère chinois ! Les casseroles se cabossent, le pot au lait se désémaille ; la mère de famille est furieuse ; les enfants sont giflés, les grands-pères malheureux ; le plan quinquennal tombe en poussière ; on ne peut plus bombarder Formose qu’une fois sur trois. A New York, même histoire, mais avec les pigeons ; on a tout essayé : le poison, le filet de ficelle, le fil de fer électrisé ; on va prendre des tireurs d’élite. On en est là. Aussi n’est-il pas étonnant qu’Hitchcock ait eu l’idée de son film sur les oiseaux. Il imagine que ces bêtes féroces ont déclaré la guerre aux hommes. Les mouettes assaillent un petit port, tuent des fillettes et assassinent l’institutrice ; font le siège d’une maison de bois dont elles crèvent les murailles ; entrent par les cheminées ; provoquent des incendies. Le pétrole flambe. La ville est coupée. On a un petit Hiroshima. C’est un prétexte à photos magnifiques. Mais on ne croit pas trop à l’histoire, qui prendrait une autre dimension si on parvenait à vibrer, si on se sentait mis en présence d’un nouvel âge de la planète au cours duquel les animaux vont changer d’âme. Ce serait alors du grand frisson ; le mystère effrayant d’une aventure cosmique. Hitchcock voudrait la suggérer. Dès le début, le ton des personnages veut donner à penser qu’il se passe " quelque chose ". Mais c’est en vain que le jeune premier annonce qu’ " il reste du rosbif froid " comme une pythonisse inspirée, comme si c’était une prophétie lugubre. On ne marche pas. En revanche les photos d’oiseaux, par vols de groupe, ou isolés, sont remarquables et parfois inquiétantes. L’oiseau posé tout seul, qui regarde entrer un homme dans sa maison d’un œil de guetteur d’avant-poste, et auquel s’adjoignent soudain deux, dix, vingt, cent, mille congénères, tous immobiles, finit par donner un frisson. Histoire naturelle réussie. Histoire surnaturelle ratée. Le film ne valait pas tant de réclame. Il s’y prodigue, m’assurent des connaisseurs, des tours de force de technique. C’est bien possible. Mais je n’aimerais pas mieux La Fontaine s’il s’y était pris de telle façon qu’on puisse lire ses fables à l’envers. Je n’en veux pas à Hitchcock. Il y a dans ses Oiseaux une vieille savante inénarrable, qui ressemble un peu à Moreno, pris sur le vif et d’un comique grandiose à force de n’être pas forcé. Elle distingue le pinson de la mouette par le moyen de leurs noms latins, extrait ses cigarettes d’un appareil à sous et reste, comme un vrai savant, fidèle aux conclusions des livres en face des tragédies voyantes qui les contredisent sous ses yeux. C’est une vraie ornithologiste. Il n’y a qu’à l’écouter parler pour imaginer sa crémerie, son bureau, sa chambre à coucher, ses dimanches et ses camarades. Son petit béret lui va très bien, tout comme son menton en galoche. On n’est pas plus ornithologique. Et c’est ainsi qu’Allah est grand.

LAS AVES

Hábitos del urubú. - Del agamí. - Del quebrantahuesos. - Tal vez del rinoceronte. - Ferocidad de la gallina. - Del gorrión. - De la paloma. - Los pájaros de Hitchcock. - Ferocidad de las gaviotas. - Historia sobrenatural fallada. - Retrato bien bonito de una ornitóloga. - Grandeza consecutiva de Alá.

El ave tiene algo extraño. Hace cosas extraordinarias : el urubú vacía las basuras, el agamí vigila los pollos, el quebrantahuesos es barbudo, el albatros pone huevos, la abubilla upupa, la garza hace gorgoteos, el milano huite y el rinoceronte barrita (aunque no es un verdadero pájaro).Todo esto acaba por inquietar. Por otra parte, basta con mirar una simple gallina, digamos una gallina negra de ojo amarillo, para acabar aterrado. Véanla picotear un gusano, una serpiente, u otra gallina (una gallina enferma que toda la cofradía asesina a sangre fría). Pica con un gesto mecánico y nervioso ; parece una máquina de coser ; o sino un monstruo terciario ; ninguna expresión ; el martillo neumático tiene más entrañas ; el elefante parece menos antiguo ; los híbridos de Bosch menos raros ; es una bestia del Apocalipsis. La gallina es un monstruo horroroso. La cigüeña ejecuta a los débiles y a veces come a sus cigoñinos ; la urruca es una ladrona desde su nacimiento ; el loro se emborracha con vino tinto ; como un carretero ; la paloma, símbolo de la paz, que suponemos tan fiel, muele a palos a su esposa para hacerle aceptar a una horrible concubina que pendoneó por todos los arroyos : descompone los relojes al posarse en la aguja y hace caca en el engrenaje, de tal modo que ya no se puede saber la hora por ningún monumento de París. El faisán es más duro que la piedra ; casi hay que dejarlo podrirse para conseguir comerle el muslo. El gorrión asesina el pinzón con el único fin de robarle su nido ; en cualquier parte que se instala, las demás razas desaparecen. Los americanos, que tienen pinzones sólo porque los mandaron traer de otra parte, por lirismo zoológico, no saben lo que tienen que hacer para exterminarlos. Los chinos, cuya agricultura sufre grandes dificultades, ven las aves de rapiña comerles en pie los tres granos de arroz que les quedan ; ellos arman una escandalera con cazos de metal y botes de leche para impedirles que se posen y así vencerlas por cansancio. Las aves acaban calléndose. Muertas de cansancio. O si todavía les queda aliento, las aplastan. Pero hacen falta días, semanas, noches enteras, meses : no dormir nunca ; formar equipos coherentes ; elaborar listas que estén al día, por duplicado, en dos columnas ; ¡ en caracteres chinos ! Los cazos se abollan, los botes de leche se desesmaltan ; la madre de familia está furiosa ; abofetea a los niños ; los abuelos infelices ; el plan quinquenal se va al traste ; ya sólo se puede bombardear Formosa una de cada tres veces. En Nueva York, ocurre lo mismo, pero con palomas ; se ha intentado todo : el veneno, la red, el alambre electrizado ; van a contratar tiradores de primera. Esto es lo que hay.
Después de todo, no es sorprendente que Hitchcock haya tenido la idea de su película sobre los pájaros. Imagina que esos animales ferroces han declarado la guerra a los hombres. Las gaviotas asaltan un pequeño puerto, matan a chiquillas y asesinan a la maestra ; ocupan un chalet del que revientan las murallas ; entran por las chimeneas ; provocan incendios. El petróleo arde, la ciudad está desconectada. Vemos un pequeño Hiroshima. Es un pretexto para fotos magníficas. Pero la historia no es muy credible, y tomaría otro sentido si consiguiéramos vibrar, si nos sintiéramos en presencia de una nueva época del planeta, durante la cual los animales van a cambiar de alma. Sería entonces espantosa ; el misterio pavoroso de una aventura cósmica. Hitchcock querría sugerirla. Desde el principio, el tono de los personajes insinúa que está pasando " algo ". Pero el joven galán declara en vano que queda " redondo de carne fría " como una pitonisa inspirada, como si fuese una profecía lúgubre. No nos lo creemos.
En cambio, las fotos de los pájaros volando por bandada o aislados, son extraordinarias y a veces inquietantes. El pájaro que se tiene inmóvil, mirando a un hombre entrar a su casa, con un ojo acechador de avanzada, y al cual se agregan dos, diez, veinte, cien, mil congéneros, todos inmóviles, acaba dando escalofríos.
Historia natural lograda. Historia sobrenatural fallada. La película no merecía tanta propaganda. Se prodiga a ello, me aseguran conocedores, por unas proezas técnicas. Es muy posible. Pero no me gustaría más La Fontaine si hubiese actuado de tal manera que se pudiesen leer sus fábulas al revés.

No tengo nada contra Hitchcock. En sus Pájaros está presente una vieja sabia inenarrable, que se parece un poco a Moreno, reproducida del natural y con un cómico enorme a fuerza de no ser forzada. Distingue el pinzón de la gaviota por el medio de sus nombres latinos, extrae sus cigarrillos de un tragaperras y se queda, como un verdadero sabio, fiel a las conclusiones de los libros frente a las tragedias videntes que las contradicen ante sus ojos. Es una verdadera ornitóloga. Basta escucharla hablar para imaginarse su lechería, su despacho, su habitación, sus domingos y sus compañeros. Su pequeña boina le queda muy bien, al igual que su barbilla prominente.
Nadie es más ornitólogo.
Así es como Alá es grande.

Chronique du mamba vert et même...

Forme répugnante du serpent. - Il se prolonge au-delà de lui-même. - Poids du boa. - Sommeil du même. - Couleur. - Orfèvrerie. - Pavage de mosaïque. - Griffe sous la queue. - Vipères heurtantes. - Capuchons et sonnettes. - Le mamba de Mme Physalis. - Affreux détails. - Savants réfugiés sur une table. - Réparation de la chaise. - Longueur des serpents morts et longueur des serpents vivants. - Légende et vérité. - Rien à craindre pour l’homme des serpents de neuf mètres de long. - Il n’est qu’avalé " en tiroirs " par des serpents de huit mètres cinquante. - Très posément. - Grandeur consécutive d’Allah.

Cette chronique traitant de l’homme d’une façon générale, ne saurait s’abstenir de parler du serpent.
Il n’y a pas de bête plus dégoûtante. Elle est faite en forme de lacet. On peut l’enrouler sur des bobines. Comme les verres de Sumatra, qui ont dix mètres de long. En forme de lacet tubulaire, de conduite d’eau, mais plus mince à mesure qu’on approche de la tête, et encore plus à mesure qu’on approche de la queue. Ce n’est pas le moins répugnant de la chose. Et puis au bout il n’y a plus rien du tout. Du moins pour l’œil (car l’imagination travaille). Il continue au-delà de lui-même. Il se prolonge.
Plus ils sont gros, plus ils sont léthargiques. Deux cents kilos de serpent qui somnolent sur une chaise sont une chose effrayante à voir. C’est pourtant pavé de mosaïque, incrusté de noir, d’ocre, de brique, de rose, de vert, de jaune citron, de polygones décoratifs, d’un fini presque industriel, et pareil à de la bijouterie. Et plus c’est beau, plus ça dégoûte. Il y a pire : c’est l’œuf du serpent ; vert ; avec une peau transparente.
Je parlais de fini industriel. Il n’y a pas de bête qui se rapproche plus de l’épure, de la spirale, de la circonférence, de l’ellipse, et de toutes les courbes qui se dessinent à l’aide d’un compas, d’un pistolet, sur une feuille de Canson. On pense aussi au nœud de cravate, à la mèche de fouet. A la vitrine du joaillier.
C’est désossé et c’est musclé comme la femme-serpent. Et le comble de l’horreur, c’est que c’est gras. Il en est même qui en mangent. A Paris on vend en boîte, dans les épiceries distinguées. Et puis, c’est froid. Et puis, c’est vert et ça sent mauvais, dans un genre à part, plus écœurant que la cage à poules.

On trouve des gens que ça ne dégoûte pas. J’ai un neveu qui en transporte dans ses poches, ou dans des tubes. Des collégiens en élèvent parfois dans leurs pupitres.
Les gros ont une griffe sous la queue. Pour prendre appui sur les troncs d’arbres. Ceux qui les manipulent les portent en foulard. Quand ils ont peur qu’ils serrent, ils les pinces sous la queue, à la hauteur de cette griffe. Ce qui paralyse la bestiole.

On va nous en montrer à la télévision. Qui viennent du Tchad. De sept mètres de long, des pythons de Séba ; et puis toutes sortes de petites vipères, à tête cornue, des " rhinocéros ", des " vipères heurtantes du Gabon ", qui vivent dans la saleté, aux abords des villages. Des mambas noirs, des mambas verts, qui sont pareils à des cobras sans capuchons (ce sont les plus rapides du monde).
Car il y a des serpents qui se font un capuchon en distendant leurs premières côtes (on voit bien que ce n’est pas naturel) ; d’autres qui ont des sonnettes, des lunettes ou des cornes. Il y en a qui crachent leur venin, qui vous le vaporisent dans les yeux. A trois mètres ; et ils visent les yeux : on risque d’en rester aveugle. D’autres qui voient avec la peau des joues : ils attrapent des rats dans la nuits, les yeux fermés au sparadrap, guidés par la température.

M. Leloup, qui connaît toutes les bêtes, et qui en parle très bien parce qu’il les aime beaucoup (ses articles sont passionnants) en a fait toute une page dans le dernier Carrefour. Il raconte une histoire d’horreur qui aurait fourni une image au Supplément du Petit Journal. L’histoire d’un mamba noir (affreusement venimeux) qu’on avait envoyé à Mme Physalix, la célèbre herpétologiste (c’est ainsi qu’on appelle les savants en serpents), dans une caisse sans mention spéciale. Elle crut à quelque kangourou, à un canard, à un lapin, à un hareng saur, à un cobaye ou à un petit cheval de course. Quand le bestiau jaillit en sifflant. Fou de rage. Elle sauta sur la table. Les quatre savants qui l’assistaient en firent autant. Leurs cheveux se dressaient sur leur tête. Le plus barbu caressait sa barbe dans l’excès de sa perplexité. Le mamba zigzaguait comme une lanière de fouet à travers le laboratoire. Le savant barbu saisit une chaise et l’assomma d’un coup de dossier. Ensuite il le mit dans une cage. Ensuite, ils s’essuyèrent le front. Ensuite, ils réparèrent la chaise.

On voit par là les dangers du serpent.
M. Leloup, pourtant, cherche à nous rassurer. Il assure que le python de Séba est un animal réservé, un grand timide qui a peur de l’homme et ne le mord jamais plus fort que le chien danois. Qu’il n’y a pas de serpents de neuf mètres. Du moins vivants. Que c’est une légende. Que le plus long est le " réticulé " asiatique qui n’a guère que huit mètres trente-cinq. Que la Société zoologique de New York offre cinq mille dollars à qui lui apportera un serpent de neuf mètres de long. " Vivant. " Je ne sais pourquoi " vivant ". S’il y a des serpents morts de neuf mètres de long, avaient-ils moins avant de mourir ? Ont-ils allongé par la suite ? Peut-être. Les cadavres allongent. Et c’est pourquoi on ne fait de chaussures et de sacs à main qu’en serpent mort : la peau ne bouge plus, et elle revient moins cher. Jamais on ne voit de chaussures en peau de serpent vivant. Je me méfie malgré tout. S’il y a des serpents morts de douze mètres de long, ils pourraient bien en avoir dix pendant leur vie, je n’aimerais pas les rencontrer seul au coin d’une forêt de l’Amazonie.

En outre, ajoute M. Leloup, de plus en plus rassurant dans ses explications, jamais serpent n’a broyé l’homme : c’est un on-dit. Les pires pythons n’ont jamais " broyé " l’homme pour l’avaler " après l’avoir enduit de leur bave ". Autant de racontars ridicules. Les " constrictors " ne broient rien du tout. Ils " entourent ", ils " étouffent ", et il " arrêtent le cœur " avant d’avaler " posément " et " en commençant par la tête ", par un mouvement alternatif de leurs mâchoires, qui ne sont jamais soudées ensemble. Par un mouvement dit " en tiroirs ". Voilà ce qui est vrai.
Nous ne risquons plus d’être broyés par des serpents de neuf mètres de long, mais avalés tout simplement, très posément, par des serpents de huit mètres cinquante.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand.

CRONICA DE LA MAMBA VERDE Y HASTA DE LA MAMBA NEGRA

Forma repugnante de la serpiente. - Se prolonga más allá de sí misma. - Peso de la boa. - Su dormir. - Color. - Platería. - Empedrado de mosaico. - Garras bajo la cola. - Víboras peleadoras. - Capuchones y cascabeles. - La mamba de la señora Physalix. - Horrorosos detalles. - Científicos refugiados encima de la mesa. - Reparación de la silla.- Longitud de las serpientes muertas y longitud de las serpientes vivas. - Leyenda y verdad. El hombre no tiene nada que temer de las serpientes de nueve metros de largo. - Sólo es tragado en " corredera " por serpientes de ocho metros cincuenta. - muy pausadamente. - Grandeza consecutiva de Alá.

Esta crónica, que trata del hombre de un modo general, no sabría evitar hablar de la serpiente.
No hay animal más asqueroso. Tiene forma de cordón. Se puede arrollar en carretes. Como los gusanos de Sumatra, que miden diez metros de largo. En forma de cordón tubular, de cañería de agua, pero más finas a medida que uno se acerca de la cabeza, y todavía más a medida que uno se acerca de la cola. No es lo que menos repugna de la cosa. Y luego en la punta ya no hay nada más. Al menos para el ojo (porque la imaginación trabaja). Sigue más allá de sí misma. Se prolonga.
Cuanto más gordas, más letárgicas. Es horroroso ver doscientos kilos de serpientes que dormitan sobre una silla. Sin embargo está empedrada de mosaico, incrustada de negro, de ocre, de ladrillo, de rosa, de verde, de amarillo limón, de polígonos decorativos, con una perfección casi industrial, e idéntica a joyas. Y cuanto más bonita es, más asco da. Hay algo peor : es el huevo de la serpiente ; verde, con una piel transparente.
Hablaba de una perfección industrial. No hay animal que se parezca más a un dibujo acabado, a una espiral, a una circunferencia, a un elipse, y a todas las curvas que se dibujan con un compás, con una plantilla, sobre una hoja de papel Canson. También se puede pensar en el nudo de la corbata, en la fusta del látigo. En el escaparate del joyero. Es deshuesada y musculosa como la mujer-serpiente. Y el colmo del horror, es que es grasienta. Hasta hay gente que las come. En París, éstas se venden en botes, en los ultramarinos. Y además es fría. Y es verde y huele mal, de una manera muy particular, más repugnante que el gallinero.

Hay gente a quien no le da asco la serpiente. Tengo un sobrino que lleva unas en los bolsillos, o metidas en tubos. Ciertos colegiales crian a veces algunas en sus pupitres.
Las gordas tienen una garra bajo la cola. Para apoyarse en los troncos de los árboles. Los que las manipulan las llevan a modo de pañuelo. Cuando tienen miedo a que les aprieten, las pellizcan bajo la cola, a la altura de esta garra. Lo que paraliza el bicho.

La televisión nos va a mostrar algunas. Que vienen del Tchad. De siete metros de largo, pitones de Seba ; y también toda clase de pequeñas víboras, con la cabeza cornuda, " rinocerontes", " víboras peleadoras del Gabón ", que viven en la suciedad, en las inmediaciones de los pueblos. Mambas negras, mambas verdes, que son semejantes a las cobra sin capuchones (son las más rápidas del mundo).
Porque hay serpientes que se hacen un capuchón distendiendo sus primeras costillas (bien notamos que no es natural) ; otras que tienen cascabeles, placas o cuernos. Las hay que escupen su veneno, que os lo vaporiza en los ojos. A tres metros ; y apuntan a los ojos : puede que nos quedemos ciegos. Otras que ven con la piel de los carrillos : cogen ratas por la noche, con los ojos cerrados con esparadrapo, guiadas por la temperatura.

El Señor Leloup, que conoce todos los animales, y que habla muy bien de ellos porque los quiere mucho (sus artículos son apasionantes), escribió sobre ellas una página entera en el último Carrefour . Cuenta una historia de horror que hubiese proporcionado una imagen magnífica al Suplemento del Petit Journal. La historia de una mamba negra (horriblemente venenosa) que habían enviado a la Señora de Physalix, la famosa herpetóloga (así es como se llama a los científicos en serpientes), en una caja sin indicación especial. Creyó en algún canguro, en un pato, en un conejo, en un arenque ahumado, en un conejillo de indios o en un caballito de carreras. Cuando el bicho saltó silbando. Enfurecido. Saltó encima de la mesa. Los cuatro científicos que la asistían hicieron lomismo. Se les pusieron los pelos de punta. El más barbudo acariciaba sus barbas por su exceso de perplejidad. La mamba zigzagueaba como una correa de látigo a través del laboratorio. El científico barbudo agarró una silla y la golpeo con el respaldo. Luego la puso en una jaula. Luego, se enjugaron la frente. Luego, arreglaron la silla.

Son de notar los peligros de la serpiente. Sin embargo, el Señor Leloup procura tranquilizarnos. Asegura que la pitón de Seba es un animal reservado, una gran tímida que teme al hombre y que nunca lo muerde más fuerte que el perro danés. Que no hay serpientes de nueve metros. Por lo menos vivas. Que es una leyenda. Que la más larga es la " reticulada " asiática que mide apenas ocho metros treinta y cinco. Que la Sociedad zoológica de Nueva York ofrece cinco mil dólares a quien le traiga una serpiente de nueve metros de largo. " Viva ". No sé por qué " viva ". Si hay serpientes muertas de nueve metros de largo, medían menos antes de morir ? Los cadáveres se alargan. Y por eso sólo se hacen zapatos y bolsos con serpientas muertas : la piel ya no se mueve, y sale más barata. Nunca se ven zapatos de piel de serpiente viva. Ando con cuidado a pesar de todo. Si hay serpientes muertas de doce metros de largo, bien podrían tener diez durante su vida, no me gustaría encontrármelas a solas en la esquina de una selva de la Amazonia.

Además, añade el Señor Leloup, y sus explicaciones son cada vez más tranquilizantes, la serpiente nunca ha triturado al hombre : es una habladuría. Las peores pitones nunca han " triturado " el hombre para tragarlo " después haberlo recubierto de su baba ". Otro tanto de chismes ridículos. Las " constrictors " no trituran nada. " Rodean "," ahogan ", y " paran el corazón "antes de tragar " pausadamente " y " comenzando por la cabeza ", por un movimiento alternativo de sus mandíbulas, que nunca se encuentran soldadas juntas. Con un movimiento llamado " corredera ". Esto es lo verdadero.
Ya no corremos peligro de ser triturados por serpientes de nueve metros de largo, sino tragados muy pausadamente, nada menos que por serpientes de ocho metros cincuenta. Y así es como Alá es grande.